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Aug 28, 2025

Le FSRP , un projet pour une agriculture plus résiliente à Madagascar 

Conçu dans un contexte de vulnérabilité alimentaire croissante suite aux effets de la pandémie de Covid-19 et pour faire face aux effets du changement climatique, le Projet de Résilience des Systèmes Alimentaires de Madagascar (FSRP-Madagascar) est une réponse stratégique à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle persistante qui touche plus de 80% de la population.

Porté par le Ministère de l’Agriculture et de l’Elevage avec l’appui de la Banque mondiale, ce projet ambitieux vise à renforcer la résilience des systèmes alimentaires et à améliorer la préparation du pays à faire face à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle dans les zones du projet. 

Articulé autour de cinq composantes majeures, le FSRP combine innovation, mécanisation, recherche et intégration régionale. Il s’inscrit ainsi dans une dynamique de transformation durable du secteur agricole pour répondre aux défis de la sécurité alimentaire, du changement climatique avec une attention particulière portée aux femmes et aux jeunes dans ses zones d’intervention.

Les composantes du FSRP-Madagascar :  

C1 – Le développement une capacité de production agricole résiliente  

C2 – La gestion durable des ressources naturelles pour la résilience des paysages agricoles 

C3 – L’amélioration de la connectivité et de l’accès aux marchés  

C4 – La coordination du projet et gestion des connaissances  

C5 - La lutte antiacridienne et la recapitalisation du cheptel animal  

Appui à la transformation et résilience des systèmes alimentaires de Madagascar à travers la recherche pour le développement

Avec le Programme de Résilience des Systèmes Alimentaires (FSRP), Madagascar sème les graines d'un avenir nourricier et résilient. Face aux défis du changement climatique et de la résilience alimentaire, de nombreuses technologies et approches agricoles sont déjà utilisées à Madagascar et dans le monde. Ces technologies visent à rendre l'agriculture plus productive, plus durable et moins vulnérable aux chocs. En d’autres termes, ces innovations et technologies permettent de mieux parvenir à la tolérance à divers stress liés à l’environnement agro-pastorale, à la résistance aux maladies grâce aux systèmes semenciers durables, et une productivité et efficience accrues des travaux agricoles mécanisés. 

Carte 1: Carte des interventions

Au cœur de l’approche : un partenariat scientifique renforcé

Le Programme FSRP mise sur la collaboration scientifique entre les institutions malagasy et internationales pour développer et valoriser de telles innovations pour la résilience des systèmes de production alimentaire. Les centres de recherche et institutions nationaux constituent les bases permanentes garantissant le développement, la disponibilité et la qualité des technologies sur le territoire national. Ils servent également de relais des transferts, d’adaptation, de validation et de pilotage au niveau national des technologies agricoles et d’élevage. Les centres de recherche internationaux quant à eux veilleront au renforcement de capacité technique et institutionnelle, au partage des savoir-faire, et faciliteront l’accès à leurs banques de technologies agricoles dans le monde entier. D’ailleurs, cette collaboration prévoit un diagnostic institutionnel en vue de la consolidation planifiée des organes nationaux de la recherche  d’innovation et de la gouvernance.

De cette manière, le Programme FSRP réinove en profondeur la promotion et l'intégration des acquis de la recherche et de l'innovation dans les dispositifs de conseil agricole. En effet, il ambitionne de disséminer dans ses treize (13) Régions d’interventions à Madagascar, auprès des agriculteurs, éleveurs et acteurs des filières ciblées ces technologies performantes et adaptées. Ce premier vague d’appui de recherche, initié depuis mi-2024, vise au moins 5000 ménages bénéficiaires, dont 40 % de ménage dirigé par des femmes.     Cette action est accompagnée d’un renforcement des systèmes semenciers résilients des spéculations stratégiques, permettant la disponibilité des semences résilientes de qualité et de race animale performantes. Une initiative qui positionnement de manière stratégique (i) le FOFIFA (Centre National de la Recherche Appliquée au Développement Rural / Foibem-pirenena momba ny Fikarohana ampiharina amin’ny Fampandrosoana ny eny Ambanivohitra) et FIFAMANOR (Fiompiana Fambolena Malagasy Norveziana) sur la partie recherche et de développement agricole, et (ii) et le Service Officiel de Contrôle des Semences et matériel végétal (SOC) pour réglementer le contrôle de la qualité des semences. Bien qu'il ne soit pas un centre de recherche, le CFFAMMA (Centre de Fabrication, de Formation et d’Application du Machinisme et de la Mécanisation Agricole), a été choisi pour son expertise avérée en machinisme agricole, ce qui en fait un partenaire pertinent pour cette partie du projet. 

Tandis que les institutions de recherches internationales, impliquées dans cette collaboration, sont toutes membres du CGIAR qui est un partenariat mondial de recherche qui se concentre sur la transformation des systèmes alimentaires, fonciers et hydriques afin de créer un avenir sûr, sain et durable, mieux préparé aux impacts du changement climatique et de la perte de biodiversité. Il s’agit du Centre du Riz pour l’Afrique (AfricaRice), de l’Alliance de Bioversity International et CIAT (qui couvre la filière haricot), du Centre International de la Pomme de terre (CIP), de l’ Institut International d’Agriculture Tropicale (IITA) (qui couvre les cultures telles que le maïs, manioc et légumineuses dont le soja et niébé), de l'Institut international de recherche sur les cultures des zones tropicales semi-arides (ICRISAT) (qui couvre la culture du sorgho, du mil et de l’arachide), et l’Institut international de recherche sur l’élevage (ILRI).

Les institutions nationales et internationales collaborent sur leurs cultures et filières mandatées, pour contribuer aux tâches scientifiques de coproduction de technologies et d’innovations (variétés, outils, méthodologies, équipements agricoles), au renforcement des capacités des chercheurs et du personnel chargé de la gestion des semences, ainsi que des utilisateurs finaux, et à la diffusion de conseils et innovations.

Des résultats concrets sur le terrain

Des résultats concrets issus de cette collaboration peuvent d’ores et déjà être mis en avant:

  • Renforcement des capacités de 112 techniciens nationaux par le biais d’institutions de recherche tels que CIAT, ICRISAT, IITA et ILRI, sur les nouvelles techniques, pratiques, et approches dans la production végétale, redynamisation du système semencier végétatif, et la nutrition animale.

    Photo 1 et 2 : Culture apicale des boutures de pomme de terre pour une multiplication rapide de semences dans la serre

  • Soutien au développement de la filière semencière, avec la formation et l’appui à 88 nouveaux paysans multiplicateurs de semences (riz, manioc, maïs, soja). À ce jour, plus de 160 producteurs semenciers bénéficient d’un accompagnement dans les régions de Vakinankaratra, Analamanga et Itasy, avec une production attendue d’environ 190 tonnes de semences de maïs et 3,8 tonnes de semences de riz par ces paysans multiplicateurs de semences (PMS).
  • Mise en place d’essais variétaux, ayant permis de tester et sélectionner des variétés de riz mieux adaptées aux conditions agroécologiques locales et répondant aux préférences des producteurs. Ces essais ont également servi à valider des pratiques agronomiques et des solutions de lutte contre les bioagresseurs comme la chenille légionnaire d’automne. Pour anticiper la diffusion de ces nouvelles technologies, la production de semences de pré-base et de base est en cours pour les principales cultures vivrières (riz, maïs, soja, haricot, sorgho, arachide), ainsi que la multiplication de semence de pomme de terre, de lianes de patate douce et les boutures de cultures fourragères.
  • Diffusion de l’innovation agricole à travers l’établissement de parcelles de démonstration variétale et l’opérationnalisation de Champs Écoles Paysans (CEP) dans plusieurs régions, notamment le CEP d’Atsinanana axé sur les pratiques agroécologiques, et un parc d’innovations de cultures multiples dans la région de Vakinankaratra (enceinte de FIFAMANOR).
  • Progrès dans le secteur de l’élevage, avec des études en cours sur la caractérisation génétique et les maladies animales, des actions d’amélioration fourragère, et la réalisation d’au moins 84 inséminations artificielles.
  • Avancées en mécanisation agricole, matérialisées par la validation de 34 normes d’équipements agricoles en partenariat avec le Bureau des Normes de Madagascar (BNM), et la mise à disposition de nouveaux équipements pour les démonstrations prévues lors de la grande saison agricole à venir.

    Photo 3 : Parc d’innovations de cultures multiples (FIFAMANOR Vakinankaratra)

Vers une recherche plus inclusive et utile aux agriculteurs

L’appui à la transformation et résilience des systèmes alimentaires de Madagascar à travers la recherche pour le développement marque un tournant : la recherche n’est plus isolée, elle devient partie intégrante du dispositif de production agricole. Les innovations issues des laboratoires trouvent désormais un écho concret dans les champs, au bénéfice des producteurs et de leurs communautés. Ce modèle de co-production et de transfert de technologies place Madagascar sur la voie d’une agriculture résiliente, inclusive et scientifiquement ancrée.

Source: Madagascar FSRP Project Implementation Unit (PIU)

4.61M

Beneficiaries Reached

97000

Farmers Trained

3720

Number of Value Chain Actors Accessing CSA

41300

Lead Farmers Supported